Corbier

Samedi 8 avril au soir, Autour du Cirque ou – nouvellement – l’Espace Roture était the place to be. Vous savez, Ben est avant tout un prophète: on le devine à la taille des cheveux et à la barbe. Si je dis cela, c’est parce que s’il en est un qui avait annoncé l’évènement avec pertes et fracas depuis de temps immémoriaux, c’est bien lui.

Come back en octobre donc; Corbier, l’artiste célèbre, passe deux soirs de suite à l’Aquilone (près de la Passerelle). Public de mamies, ou de punk, les deux se cotoyant à merveilles, les unes venues par nostalgie, les autres par dérision – pas pour longtemps, on le verra. Et là, la magie opère très rapidement: Corbier fait rire, Corbier suscite des émotions, Corbier est très pro mais très simple, Corbier se met un public dans la poche avec autant de facilité qu’il le ferait d’un politicien (et pour pas beaucoup plus cher…)

Aujourd’hui, nouvel album, nouvelle actualité, Corbier semble faire son grand retour sur le devant de la scène. Cette fois, les apôtres de sa cause sont plus nombreux. Le message passe. L’Espace Roture est archi-comble. Passons sur les deux premières parties, qui n’ont pas eu l’heur de retenir outre mesure mon attention, et venons-en à l’essentiel.

Corbier boit son verre de rouge cul-sec et arrive sur scène. On lui souhaite alors tout le bonheur du monde, au regard des récents déboires scéniques qu’il a connu. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ces souhaits seront rencontrés au-delà de nos espoirs les plus fous, et peut-être aussi des siens.

En effet, il ne faut pas une chanson pour que le public, visiblement remonté à bloc, reprenne en coeur les amusants refrains. Les blagues fonctionnent; la set-list est judicieusement équilibrée, amenant les nouvelles compositions petit à petit, histoire de ne pas désamorcer les fans de base (et il y en a, croyez-moi!). On a l’impression, je peux le garantir, d’assister à une tournée best-of, tellement chaque chanson prend bien auprès du public! J’invite d’ailleurs, avec une insistance répétée, tous les Saints Thomas incrédules à venir se faire leur propre opinion de visu.

Déjà le concert arrive à son terme; les vivas sont nombreux, le public enchanté. Corbier est désarmant de simplicité et de bonté, et son message, décidémment si atypique dans une société de surconsommation où tout va trop vite, n’en passe que mieux. Les rappels se suivent, le premier puis le second; le public en redemenderait probablement jusqu’au bout de la nuit, mais hélas, toutes les choses ont une fin, et surtout les meilleures.

Quel bon moment! « belette épouse-moi, je ferai ton bonheur! Tu regretteras pas ta vie avec tes soeurs! Nous aurons un logement, j’connais le député, il en a d’épatants de 600 mètres carrés! »


A suivre: une chronique de « Tout pour être heureux ».

Le site de François Corbier

Le petit Corbinou de Mars 2006
(publication mensuelle, gratuite et plus que très vivement recommandée – avec chansons inédites, humour, et surtout anecdotes people croustillantes)

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