L’éclairage public en Belgique

J’avais 12 ans en 1996. Un jour, à l’occasion d’un trajet nocturne Bruxelles-Liège, il m’a pris la fantaisie de compter le long de l’autoroute le nombre de réverbères défectueux. Je peux vous assurer qu’il y en avait déjà beaucoup… mais pas encore assez! Car ce que j’ai surtout retenu de cette expérience, c’est tout simplement la quantité invraisemblable de poteaux éclairants que l’on retrouve partout, sur l’ensemble de notre réseau routier, sur la moindre petite nationale, la plus minuscule route, le plus minable chemin.

Avec le temps, mais très rapidement tout de même, sensibilisée qu’est notre génération aux problèmes écologiques, je me suis posé la question de savoir quelle quantité d’énergie consommaient tous ces réverbères. Cette réflexion fut naturellement prolongée sur la question de leur coût intrinsèque. Combien coûte leur entretien?

Je n’ai pas de réponse à ces questions. Je n’ai pas fouillé google comme j’aurais pu le faire, mais a priori les sites internet belges restent discrets sur le sujet. Néanmoins, j’ai été très intéressé de découvrir une étude publiée par l’ULg. Cette étude est un véritable plaidoyer, non pas du non-éclairage, mais de l’éclairage intelligent. La question n’est pas de proscrire tout éclairage public. Mais sans remettre en question sa raison d’être, il me semble important de mener une brève réflexion sur les moyens mis en oeuvre.

Il existe des modèles de réverbères beaucoup plus ergonomiques, qui pour une économie d’énergie d’environ 2/3, procure exactement la même qualité d’éclairage au sol, mais sans polluer le ciel nocturne d’une lumière trop importante. Outre la stricte consommation d’énergie, les dégâts causés par une luminosité irrationnelle peuvent aller se cacher la où on ne les attend pas. Ainsi, il est stupéfiant de constater le nombre d’oiseaux qui se tuent, induits en erreur par une luminosité artificielle. La Wallonie n’est pas dotée de ces modèles. Vu le nombre de poteaux qu’il faudrait remplacer, le coût de l’opération pour remettre un équipement plus moderne, plus économique, plus rationnel, plus respectueux de la nuit serait… conséquent, je l’avoue.

Toujours est-il que l’étude susmentionnée cite plusieurs exemples de villes où des travaux similaires ont été entrepris; s’ils engendrent à coup sûr un certain coût, en revanche ce coût est vité amorti au vu des économie réalisées. Dans un registre plus localo-localiste, je tiens de source sûre que la ville de Liège travaillait sur un projet (certes pas pilote, il ne faudrait pas trop en demander) consistant tout simplement à remplacer les ampoules des feux de circulation par des leds. Pour des raisons d’opportunité politique, le projet ne s’est pas concrétisé. Mais il s’agit de projets porteurs d’avenir sur le principe, et il faut absolument veiller à en soutenir un maximum dans les années à venir.

Il s’agit du respect de nos engagements internationaux (Kyoto) mais également, et tout simplement, du respect de notre environnement et de bon sens. Dernière remarque: la Flandre coupe tout son éclairage public 4 heures par nuit, aux heures de fréquence automobile moindre. en Wallonie, j’apprenais récemment que des décisions « courageuses » avaient été prises en la matière. Résultat: un malheureux quart d’heure plus tard le soir, un malheureux quart d’heure plus tôt le matin. J’ai ri. Jusqu’à ce que j’apprenne que l’économie réalisée était de l’ordre de 3 millions d’€uros.

Alors, si on coupait 4 heures par nuit, on économiserait 12 millions d’€uros pour une diminution de confort franchement minime, et on pourrait financer… que sais-je… un circuit de Formule 1!

Liens utiles

L’enquête de l’ULg

Les études du MET (rubrique trafic)
Les leds

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